Agriculture et sols vivants : pourquoi la santé des sols est devenue un enjeu majeur pour notre agriculture et notre avenir ?
Sous nos pieds se joue une grande partie de notre avenir.
Invisible à l’œil nu, le sol constitue pourtant l’un des écosystèmes les plus précieux de la planète. Dans quelques centimètres de terre vivent des milliards d’organismes : bactéries, champignons, insectes, vers de terre et réseaux racinaires qui interagissent en permanence pour maintenir la fertilité des terres.
Un sol vivant n’est pas un simple support permettant aux plantes de pousser. C’est un système biologique complexe qui régule l’eau, stocke du carbone, nourrit les cultures et abrite une biodiversité essentielle.
Selon la FAO, près de 95 % de notre alimentation dépend directement ou indirectement des sols. Pourtant, cette ressource fondamentale est aujourd’hui fragilisée par plusieurs décennies d’érosion, d’artificialisation, de perte de matière organique et de pratiques agricoles intensives.
La question agricole n’est donc plus seulement comment produire davantage ? Mais elle devient comment produire durablement tout en restaurant les écosystèmes dont dépend notre alimentation ?
C’est tout l’enjeu de l’agroécologie, de l’agriculture biologique et des démarches de restauration des sols vivants.
🌱 Pourquoi restaurer les sols est devenu une urgence ?
Les sols vivants sont essentiels mais sous pression
Les sols rendent des services écologiques indispensables :
- ils produisent l’essentiel de notre alimentation ;
- ils filtrent et stockent l’eau ;
- ils participent à la régulation du climat ;
- ils abritent une biodiversité exceptionnelle ;
- ils stockent du carbone.
Pourtant, leur état se dégrade rapidement.
Quelques chiffres permettent de mesurer l’ampleur du défi :






Ces données montrent une réalité essentielle : la transition agricole n’est plus seulement une question de pratiques de production. Elle concerne la capacité même de nos sociétés à préserver les ressources naturelles dont dépend notre alimentation.
Restaurer les sols vivants permet de répondre simultanément à plusieurs défis :
- climatique, en renforçant le stockage du carbone et la résilience face aux sécheresses ;
- écologique, en protégeant la biodiversité visible et invisible ;
- alimentaire, en maintenant la fertilité des terres sur le long terme ;
- social, en accompagnant les nouvelles générations d’agriculteurs.
Les projets soutenus par 1% for the Planet démontrent qu’il existe déjà des solutions concrètes pour accélérer cette transformation : produire des connaissances, accompagner les territoires, former les futurs agriculteurs et préserver durablement les terres agricoles.
Une agriculture confrontée à une triple crise
La transition agricole doit aujourd’hui répondre à trois défis majeurs qui sont profondément liés.
1. La crise écologique : préserver les écosystèmes agricoles
Pendant plusieurs décennies, l’agriculture intensive a permis d’augmenter fortement les volumes produits grâce à la mécanisation, à la spécialisation des cultures et à l’utilisation importante d’intrants. Mais ce modèle montre aujourd’hui ses limites.
Parmi les principales conséquences observées :
- diminution de la biodiversité agricole ;
- disparition progressive de certaines fonctions naturelles des sols ;
- érosion accélérée ;
- appauvrissement en matière organique ;
- fragilisation des ressources en eau ;
- dépendance accrue aux intrants.
Le sol, lorsqu’il est dégradé, perd progressivement sa capacité à jouer son rôle d’écosystème régulateur. À l’inverse, un sol vivant devient un allié majeur pour l’agriculture.
2. La crise climatique : adapter les systèmes agricoles
Les agriculteurs sont parmi les premiers acteurs confrontés aux conséquences du changement climatique.
Sécheresses prolongées, vagues de chaleur, pluies intenses ou évolution des cycles saisonniers modifient profondément les conditions de production.
Dans ce contexte, la santé des sols devient un facteur clé de résilience.
Un sol riche en matière organique fonctionne comme une éponge naturelle :
- il absorbe davantage l’eau lors des épisodes pluvieux ;
- il limite le ruissellement et l’érosion ;
- il conserve davantage d’humidité pendant les périodes sèches ;
- il favorise des cultures plus résistantes.
Restaurer les sols permet donc d’adapter l’agriculture aux nouvelles conditions climatiques tout en contribuant à réduire son impact environnemental.
3. La crise du renouvellement agricole : transmettre une nouvelle vision
La transition agricole dépend avant tout des femmes et des hommes qui cultivent les territoires.
Or le monde agricole connaît un défi générationnel majeur.
En France, près d’un agriculteur sur deux devrait partir à la retraite d’ici 2030.
Cette période représente à la fois un risque et une opportunité.
Un risque, car la disparition d’exploitations peut accélérer la concentration des terres et fragiliser les territoires ruraux.
Une opportunité, car l’installation de nouveaux agriculteurs peut permettre de développer des modèles davantage tournés vers :
- l’agroécologie ;
- la diversification ;
- la protection des sols ;
- la biodiversité ;
- l’autonomie des fermes.
Accompagner les nouvelles générations devient donc un enjeu environnemental majeur.
Comprendre les sols vivants : passer d’un sol-support à un sol-écosystème
Pendant longtemps, le sol a été considéré principalement comme un support physique permettant aux plantes de pousser.
Les connaissances scientifiques actuelles montrent une réalité beaucoup plus complexe.
Un sol vivant est un véritable écosystème où interagissent :
les racines des plantes ; les champignons mycorhiziens ; les bactéries ; les vers de terre ; les insectes ; la matière organique.
Ces interactions permettent la disponibilité des nutriments ; la structuration du sol ; une meilleure circulation de l’eau ; le stockage du carbone ; une meilleure résistance aux stress climatiques.
Préserver les sols revient donc à préserver une infrastructure écologique essentielle.
Agroécologie, agriculture biologique et agriculture régénératrice : quelles différences ?
La transition agricole repose aujourd’hui sur plusieurs approches complémentaires.

L’agriculture biologique
Repose sur un cahier des charges réglementé visant notamment à limiter l’usage des pesticides et engrais chimiques de synthèse.
Elle favorise :
- les rotations culturales ;
- la fertilité naturelle des sols ;
- la biodiversité ;
- une approche plus respectueuse des cycles biologiques.
L’agroécologie
Propose une approche plus globale.
Elle cherche à concevoir des systèmes agricoles qui fonctionnent davantage avec les mécanismes naturels des écosystèmes.
Elle repose notamment sur :
- la diversification des cultures ;
- les interactions entre plantes et organismes vivants ;
- l’agroforesterie ;
- la gestion durable de l’eau ;
- la préservation des paysages agricoles.
L’objectif n’est pas uniquement de réduire les impacts négatifs, mais de restaurer les équilibres naturels.
L’agriculture régénératrice
Va encore plus loin : elle vise à restaurer activement les fonctions écologiques des sols.
Son ambition est de passer d’une logique de réduction des impacts à une logique de réparation :
- augmenter la matière organique ;
- restaurer la biodiversité des sols ;
- améliorer la capacité de stockage du carbone ;
- renforcer la résilience des cultures.
Ces différentes approches convergent vers une même vision : une agriculture capable de produire tout en régénérant les ressources naturelles.
Les solutions existent : le défi est désormais de changer d’échelle
Aujourd’hui, de nombreux agriculteurs démontrent qu’il est possible de concilier production alimentaire, viabilité économique et protection des écosystèmes.
Mais plusieurs obstacles persistent :
manque de références techniques accessibles ; besoin d’accompagnement ; difficulté d’accès au foncier ; renouvellement des générations ; nécessité de partager les innovations.
La transition agricole nécessite donc un véritable écosystème d’acteurs.
C’est précisément le rôle des projets soutenus par 1% for the Planet dans la thématique Agriculture et sols vivants.
Ces initiatives répondent chacune à un défi majeur produire des connaissances pour accélérer les pratiques agroécologiques ; accompagner les territoires dans leur transformation ; former les agriculteurs de demain ; restaurer les sols dégradés ; préserver les terres agricoles.
La suite de cet article présente cinq projets qui démontrent concrètement qu’une autre agriculture est déjà en mouvement.
Cinq projets qui accélèrent la transition vers une agriculture fondée sur des sols vivants
La transition agricole ne pourra pas se faire uniquement par des changements individuels de pratiques. Elle nécessite des démonstrateurs, des réseaux, des formations, des dynamiques territoriales et des solutions capables de répondre aux réalités économiques et sociales du monde agricole.
Les projets soutenus par 1% for the Planet dans la catégorie Agriculture et sols vivants illustrent cette diversité d’approches.
Tous poursuivent un objectif commun : permettre l’émergence de systèmes agricoles plus résilients, capables de produire une alimentation durable tout en restaurant les fonctions écologiques des sols.

Une approche globale : protéger les sols, c’est protéger notre avenir alimentaire
À travers ces cinq projets, une même vision apparaît, la transition agricole ne repose pas sur une solution unique.
Elle nécessite une approche systémique qui combine :
connaissance scientifique ; expérimentation ; accompagnement humain ; transmission ; restauration écologique ; protection des ressources.
EUFARMS apporte la connaissance nécessaire au changement d’échelle.
HALAGE reconnecte agriculture, nature et société.
Les Jeunes Pousses préparent les générations futures.
Migrations & Développement renforce la résilience des territoires.
Terre de Liens protège la ressource fondamentale : la terre.
Ensemble, ces initiatives démontrent qu’une agriculture capable de produire tout en régénérant les écosystèmes est déjà en construction.
Restaurer les sols vivants : une transformation collective pour l’agriculture de demain
Les sols sont souvent considérés comme une ressource invisible.
Pourtant, ils constituent l’une des bases fondamentales de notre avenir collectif.
Ils nourrissent les plantes, régulent l’eau, stockent du carbone, accueillent une biodiversité essentielle et soutiennent l’ensemble des systèmes alimentaires humains.
Préserver les sols ne consiste donc pas uniquement à protéger une ressource agricole : c’est préserver une infrastructure écologique indispensable au fonctionnement de la planète.
Face aux défis du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité et du renouvellement agricole, une évidence s’impose : nous devons passer d’une logique d’exploitation des sols à une logique de régénération.
L’agriculture de demain sera régénératrice ou ne sera pas durable
Pendant longtemps, la performance agricole a principalement été évaluée à travers un indicateur : la quantité produite.
Aujourd’hui, cette vision évolue.
La véritable performance agricole doit intégrer plusieurs dimensions :
- la capacité à produire une alimentation de qualité ;
- la préservation des ressources naturelles ;
- la régénération des sols ;
- la protection de la biodiversité ;
- l’adaptation au changement climatique ;
- la viabilité économique des exploitations.
Un sol vivant est au cœur de cette nouvelle approche.
Il permet de renforcer la résilience des fermes tout en restaurant les équilibres naturels.
L’agriculture de demain ne sera donc pas uniquement une agriculture qui prélève moins.
Elle devra devenir une agriculture capable de régénérer.
Des solutions existent déjà : accélérer le changement d’échelle
La transition agricole n’est pas une perspective lointaine.
Partout dans les territoires, des agriculteurs, associations, chercheurs et acteurs engagés expérimentent déjà de nouvelles façons de produire.
Les projets soutenus par 1% for the Planet montrent que les solutions reposent sur une combinaison de leviers :
- mieux comprendre les fonctionnements naturels des sols ;
- accompagner les agriculteurs dans leurs changements de pratiques ;
- transmettre ces connaissances aux nouvelles générations ;
- protéger durablement les terres agricoles ;
- reconnecter les citoyens avec leur alimentation.
Ces initiatives rappellent une chose essentielle : la transition écologique n’est pas seulement une question de technologie ou d’innovation. C’est aussi une question de coopération.
Soutenir celles et ceux qui construisent une agriculture plus résiliente
La transformation de nos systèmes agricoles nécessite l’engagement de tous les acteurs de la société.
Les entreprises ont un rôle majeur à jouer en soutenant des projets environnementaux capables d’agir concrètement sur le terrain.
Les citoyens peuvent également contribuer en valorisant des pratiques alimentaires plus responsables et en soutenant les initiatives qui protègent les écosystèmes.
À travers son réseau d’associations engagées, 1% for the Planet permet de financer des projets qui restaurent les milieux naturels et accélèrent les solutions environnementales.
Car protéger les sols vivants, c’est investir dans :
- la biodiversité ;
- le climat ;
- notre alimentation ;
- les générations futures.
Les sols ne sont pas simplement une ressource à préserver. Ils sont une condition essentielle de notre avenir
Avec 1% for the Planet France, vos dons sont doublés : un don de 50 € devient 100 € reversé à l’association de votre choix. Après déduction fiscale, votre contribution ne vous revient qu’à 17 €. Venez rencontrer les porteurs de projets les 6 et 7 octobre à Paris, découvrir leurs actions et échanger sur les solutions concrètes pour lutter contre la désinformation et renforcer la mobilisation citoyenne face à l’urgence climatique.






