La solution
Le projet part d’un constat simple : les actions de terrain et le plaidoyer local menés depuis de nombreuses années par les associations du mouvement FNE sont indispensables, mais ne suffisent pas, à eux seuls, à réduire durablement l’usage des pesticides agricoles.
Il est nécessaire à la fois de permettre à chaque territoire d’expérimenter et de mettre en œuvre les solutions les plus adaptées à son contexte, et de renforcer les actions de sensibilisation et d’interpellation à l’échelle nationale. C’est pourquoi le projet s’appuie sur le réseau dense d’associations de FNE pour faire émerger et essaimer ces solutions. Le projet s’articule autour de trois axes majeurs :
Axe 1 : Recenser, formaliser et essaimer les solutions locales les plus exemplaires. Dans chaque région, les associations membres de FNE mènent des actions concrètes pour protéger les captages d’eau potable, souvent dans le cadre d’appels à manifestation d’intérêt (AMI) mobilisant bénévoles et salarié·es autour de projets adaptés aux réalités locales. Ces initiatives constituent un véritable vivier de solutions reproductibles.
Parmi les actions déjà mises en œuvre figurent notamment : le développement de filières agricoles sans pesticides sur les aires d’alimentation de captage en Centre-Val de Loire ; l’organisation de ciné-débats, conférences publiques et formations réunissant élu·es, agriculteur·ices et citoyen·nes en Bretagne, en Normandie et dans les Pays de la Loire ; des formations juridiques et naturalistes permettant une participation plus efficace aux instances de gouvernance de l’eau en Champagne-Ardenne et en Occitanie ; des démarches auprès des préfets pour faire respecter la réglementation relative aux zones de non-traitement et aux périmètres de protection des captages en Lorraine, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bretagne ; la réalisation d’une websérie de témoignages positifs, “Ça coule de source”, valorisant des initiatives exemplaires de protection des captages en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Ces exemples de projets vertueux seront formalisés au sein d’un guide pratique à destination des élu·es, des citoyen·nes et des acteurs locaux. Diffusé largement, cet outil présentera de manière simple et pédagogique les solutions ayant démontré leur efficacité afin de les répliquer dans d’autres territoires.
Axe 2 : Former 1 000 ambassadeur·ices des captages d’ici à 2030
FNE développera et mettra à disposition de son réseau un module de formation, accessible en ligne ou en présentiel selon les besoins des territoires. Conçu pour être facilement répliqué, ce parcours permettra aux citoyen·nes, bénévoles et élu·es de mieux comprendre les enjeux liés à la protection des captages d’eau potable, les dispositifs réglementaires existants et les leviers d’action mobilisables localement. Les personnes formées deviendront des “ambassadeur·ices des captages” : des relais engagés, ancrés dans leur territoire, capables de sensibiliser leur entourage, d’interpeller les décideurs locaux et de contribuer à la construction de solutions adaptées.
L’un des objectifs est notamment de renforcer l’implication des élu·es sur ces enjeux afin d’inscrire durablement la protection des captages dans les politiques publiques locales.
Axe 3 : Porter l’enjeu des captages à l’échelle nationale. En complément des dynamiques territoriales, FNE participe activement aux principales instances nationales de concertation sur l’eau. Ces espaces de dialogue traitent de sujets variés tels que la qualité et la quantité de la ressource, la biodiversité, les sécheresses, les inondations, l’assainissement ou encore les risques liés au changement climatique.
Cette présence permet à l’association de disposer d’une vision globale des enjeux, d’apporter son expertise et de porter la voix de la société civile dans les débats nationaux. Sur la base de ce travail, des connaissances scientifiques disponibles et des observations remontées par les associations locales, FNE déploiera une campagne nationale de sensibilisation numérique : “#boiredeleaupotable”.
Cette campagne visera à toucher un public plus large, parfois éloigné de ces problématiques, afin de faire de la protection de l’eau potable un enjeu mieux compris, davantage partagé et soutenu par l’ensemble de la société. En ciblant spécifiquement les aires de captage, le projet s’appuie sur un levier stratégique à l’intersection de plusieurs enjeux majeurs : la fois la santé humaine, la biodiversité et les acteur·ices économiques. Il constitue ainsi un terrain privilégié de dialogue entre les mondes agricole, associatif et institutionnel, où les changements de pratiques peuvent être construits collectivement et mis en œuvre de manière concrète.
À l’horizon 2030, le projet vise des résultats tangibles :
- une réduction mesurable de la présence des pesticides dans les eaux des captages concernés ;
- 1 000 personnes formées et mobilisées dans les territoires ;
- un nombre accru de collectivités engagées dans des démarches de protection des captages ;
- une meilleure information du grand public sur la qualité de l’eau du robinet et les enjeux liés à sa préservation.