La solution
En Amazonie péruvienne, les aguajes, de majestueux palmiers pouvant atteindre 35 mètres, sont massivement coupés pour récolter leurs fruits très prisés des amazoniens qui les consomment en jus, glaces ou pour leur huile. Le fruit à l’allure d’un œuf écailleux lui a valu le surnom de fruit du dragon. Sa coupe impacte fortement les écosystèmes car l’aguaje est une espèce architecte dont l’action transforme en zones humides de larges zones de l’Amazonie. Par ailleurs, il garantie la survie d’une grande diversité d’espèces grâce à l’abondance de ses fruits.
C’est une espèce est emblématique de l’aire protégée de Yanayacu-Maquia (38 700 hectares, quatre fois Paris !) puisque plus de la moitié de sa surface est occupée par des forêts d’aguajales (23 150 hectares). Depuis plus de 20 ans, l’association lutte contre sa dégradation et participe ainsi à protéger le rôle crucial qu’elle joue pour la biodiversité et la capture de carbone. Malgré ce rôle clef, l’aguaje est un produit de plus en plus attractif qui tend à appauvrir les ressources et augmenter les pressions sur la zone. Le couper n’est pourtant pas une fatalité pour récolter ses fruits et des alternatives durables existent.
Le projet « Les fruits du dragon d’Amazonie » a pour objectif de favoriser le développement d’une filière durable de l’aguaje au sein de l’aire protégée. Il prévoit des activités de formation pour une récolte raisonnée, des études de faisabilité et l’installation d’une unité de transformation locale, la mise en place de pilotes de commercialisation et la réalisation d’actions de sensibilisation. Le projet favorisera la préservation de l’aguaje à long terme, mais aussi de son habitat et des services écosystémiques qu’ils nous rendent, en générant des revenus pour la conservation.